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"LA COUR DES POETES"
Il s’agit de celle de la Maison YSALGUIER, Place Occitane à AUTERIVE, magnifiquement rénovée, propice à l’inspiration…
C’est vous, c’est nous, c’est eux !
Nous avons créé un atelier de poésie pour que tous : poètes en herbe, poètes en verve et poètes qui s’ignorent encore viennent y échanger : créations, discussions, lectures, apprentissage…
N'ayez aucun à priori, la poésie c’est la liberté, toutes les inspirations peuvent y éclore, des vocations se révéler et des rimes s’envoler… Nous échangeons nos vers, nos versets, nos versions.
Par la suite, pourquoi ne pas envisager une modeste parution illustrée par nos amis artistes peintres et participer, par la lecture de nos poèmes, aux manifestations artistiques de la Fondation Fernand ROUX…
Au-delà des membres de la Fondation, l’atelier est ouvert à tous un samedi après-midi par mois ; nous souhaitons également y accueillir beaucoup de jeunes.
Pour en discuter, inscrivez-vous :
assofondation.roux@gmail.com
Nous vous accueillons avec votre papier, votre plume, vos vers et toutes vos lumineuses idées ou tout simplement avec votre bonne volonté.
MERCI pour votre présence inspirante.
L'Indigo
Rêve bel indigo
Aux humeurs de tes pourpres,
A tes rubis enfouis,
Aux saphirs immanents.
De l’Inde ton berceau.
Dont tu fus la vêture ;
Tu séduis l’univers
Par ton bleu insolent.
Tu défies les pastels,
Les discrets myosotis,
Les azurs, les carmins
Par l’éclat de ton teint.
L’océan ton reflet,
L’arc en ciel ton trophée,
Tu respires la vie,
Tu égayes la mort.
Tu as par tes atours
Conquis la Cour de France
Et pour nous maintenant
Tu pares les séants.
Dans des yeux ténébreux
Ton âme vient renaître,
Garde bel indigo
Ton charme somptueux.
Ne t’endors surtout pas !
C.F. Décembre 2024
La Dame Blanche
Elle n’appartenait nullement à la légende,
Elle était ma Providence
Et, loin d’habiter quelque château hanté,
Elle était ma Bonne Fée.
Elle était surnommée la Dame Blanche.
De croiser son chemin fut un grand privilège,
Un jour béni à marquer d’une pierre blanche.
D’une sagesse infinie, elle avait l’âme d’un ange.
A l’instar d’une maman qui aime son enfant,
Son oreille attentive, son regard apaisant,
Sa douceur, sa bonté conféraient à cette femme
L’étonnant pouvoir de conforter les âmes.
Elle s’appelait Charlotte. Toujours de blanc vêtu,
Avec tout l’amour dont elle était pourvue,
Sa seule inclination était la délicate mission
De veiller au mieux-être de l’Autre avec passion.
Nous aspirons tous, par nature, à être heureux,
A ne point souffrir et la bienveillante présence
De cette belle âme nous rendait forts et audacieux
Au point de braver tout obstacle, toute nuisance.
Hélas, un triste matin de juillet, elle s’en est allée,
Laissant un vide abyssal et, le cœur déchiré,
Je m’inclinais devant Celle qui m’avait tant choyée.
C’était ma seconde Maman et elle s’en est allée !
Claudie "Ombeline". Décembre 2024
Ivresse
(Prose poétique)
De la mort à la vie, les pulsions mènent la danse, je ne sais où je vais, nous verrons bien.
Très bancal, sans vers ni rimes, j'écris avec des pieds de nez et des tires ta langue ; les algues marines me servent d'habits, nous verrons bien.
Ivresse des vagues au long court, du vent dans les voiles, ta barcasse prend l'eau de toute part ;
c'est la ruine, la déchéance, le miroir : la noyade.
Pas de répit, cette nuit encore la mort gagne, c'en est fini, je jette l'éponge. Ivre de dépit et de fatigue, mon corps s'écroule. Inconscient ! Grand sot, ce n'est qu'un mauvais rêve, tes forces reviennent, le jour pointe ; il s'agit de s'engager à nouveau car la vie c'est bien pire. Il faut faire rire, grimacer et danser, la comédie n'est pas finie.
Si tu veux ta part, livre-toi davantage ; la chance n'a pas de camp. Remets le travail sur le métier, marche, barbouille, rate mieux encore. La honte ne connait pas de maître, dérive sur une mer de dessins. Ivre de rêves insensés beaux et réels qui sans cesse appellent, s'esquissent les traits, la grâce mène la gigue vers d'incertaines contrées.
Mais avec le temps le petit blouson de peau gris hibiscus doublé de soie orange, éclairé comme de l'intérieur s'ennuie ferme dans sa boutique ; égaré en province. Hors les clubs, hors la vie, hors d'usage. La boutique sent le hasard frauduleux autant que la pisse un jour de pluie.
Tout suinte le cliché, le Ferrero roche d'or oublié en fond de tiroir.
Pas d'emplettes, pas de gambettes, des rimes et des crimes.
Ivre d'ordinaire, je sirote en infusion ce blues saccagé et sans passions.
Je mens, cela me va si bien : « intranquillement » ivre.
L'implacable destin s'accroche, tandis que je distille mon fruit amer tournant le dos à l'implacable réussite de milles trajectoires tapageuses. Mais enfin pourquoi et d'où te vient tout ce chic ?
Par quelle porte s'immiscent tant de rêves qui, de ta réalité, transforment la vie ?
Ivresse de l'espace et de la liberté, passion pour la lumière et les élans premiers, je jouis égoïstement du parfum de la sauvagerie, des lumières du corps et de la nature. La frugalité n'est pas un sacrifice, c'est un bonheur qui n'a d'égal que mon indifférence pour les apparences. La vie est ivre d'elle-même, truffée de paradoxes, rutilante de santé sur un océan d'horreurs. Son charnier sent la rose et pue le souffre.
Ivre éperdu de questions et de présences, je marche en danses explosives aux fins de ne pas révéler la figure en préparation.
Arnaud. Février 2025
Tanaïs
Je suis Tanaïs, Princesse aux prunelles d’opale.
Au seuil du temps qui dort et glisse entre les âges,
Je suis née sous des cieux tourmentés et pâles,
Héritière d’un monde oublié, disparu dans l’orage.
Je suis la fille du soleil, des astres et du vent,
L’ombre de la nuit, l’écho des pierres qui survit,
Belle et raffinée, je suis l’éclat de l’Etrurie,
D’un pas évanescent, je danse hors du temps.
Drapée d’une tunique blanche de clous d’argent ornée,
Parée d’un collier d’ambre et d’une armille d’or ciselée,
Longues tresses au vent, libre, je chevauche avec fierté
Franchissant, diaphane, les portes secrètes de ma cité.
Là, parmi les temples fiers aux frontons éclatants
Où le chant des haruspices toujours se murmure,
S’éveille un grand marché où parfums et onguents
Côtoient vins généreux, délicates soies et dorures.
Mon âme Tyrsène se perd en ce monde enchanté.
Tandis qu’au vent frémissent les cyprès argentés,
Sous la foudre, surgissent les chars d’ombre et de fer,
Les mains d’acier de Rome me broient en leurs serres.
Mon peuple n’est plus mais il demeure immortel,
Son sang palpitera toujours sous la peau de l’Italie.
Son mystère, son faste demeureront intemporels
Et, à travers les siècles, dans les spirales de l’infini,
Princesse Etrusque je resterai, offerte à l’irréversible,
Allant çà et là dans cet autre royaume, l’Invisible.
Claudie "Ombeline". Mars 2025
Les bras vides, le coeur plein
Il est des abandons qui pleurent en silence,
Telle une lettre froissée au fond d’un tiroir,
Des cœurs meurtris, sans arme, sans défense,
Qui battent au rythme lent des affres du soir.
Il est des abandons où le soupir s’exhale,
Où l’on se perd à deux dans une extase pâle,
Où le frisson s’invite au fil d’un cil suspendu,
Où l’on s’oublie soi-même en un "Nous" reconnu.
Et puis, lorsque l’écho du nom aimé s’éteint,
Lorsqu’il s’efface, sans bruit, dissipé dans la brume,
Lorsque les bras sont vides, lorsque le cœur est plein,
L’abandon est cruel, de ses morsures, il nous torture.
Il y a l’abandon des choses qu’on croyait éternelles,
Une maison d’enfance désertée, un piano sans mains,
Des promesses et des jours fanés sous les dentelles,
Des noms qui dansent dans le silence mais, en vain.
Mais quand l’âme s’élance, le cœur grand ouvert
Se fond dans le Tout, s’abandonne à l’éthérique.
Quel doux naufrage alors que l’abandon mystique,
Où l’on se perd, léger, loin du poids de la Terre.
Certains abandons sont salutaires et guérissent,
D’autres, plus cruels, sont mortifères et détruisent
Mais tous, sur la peau de nos cœurs, tendre et lisse,
Dessinent de profonds sillons et font de nos silences
Des mémoires sacrées qui tissent notre essence.
Claudie "Ombeline". Mai 2025
Trahison
L'Encre des larmes
Elle a frappé à ma porte,
Un soir où tu n’y étais pas,
Que le diable l’emporte,
La vie ne s’arrête pas là,
Je vis, je ris, je fais en sorte
Que la blessure ne se voit,
Mais j’ai dans l’âme une escorte,
Qui ne me quitte pas,
Elle ronge, grouille se conforte,
Alors j’engage le combat,
Je m’encourage, je m’exhorte,
Mais elle me suit pas à pas
Et la désolation l’emporte,
Je m’épuise, me débats,
Elle se répand cette eau-forte,
Me perfuse, elle est en moi,
S'écoule jusque dans mon aorte
Et le poison fait ses dégâts,
Donne vie à ce cloporte,
Qui envahit tout mon état,
Pénètre mes sens et apporte
La douleur qui s’installe en moi,
Ses nuits blanches, son désarroi,
Sa sale gueule de déglingué,
Sa mine triste de putois,
Le cœur vide, les yeux cernés,
La démarche lente et voutée,
Je cède sous le mal qui me broie,
Plonge, coule, je m’enfonce,
Invite l’alcool dans le débat
Et à l’heure de la défonce
L'enfer s’ouvre sous mes pas.
Elle m’a suivie jusqu’à ma porte,
Ce soir où tu n’y étais pas,
Que le diable l’emporte,
Mon cœur n'y résiste pas.
Le malheur a forcé ma porte,
Le soir où tu n’y étais plus,
Pour fêter les amours mortes,
Pour éplucher mon cœur à nu,
Il n’est plus rien que je ne supporte,
Alors je pleure, je cris, je traîne,
Je meurs, je n’existe plus,
Le sang qui coulait dans mes veines
Quitte mon cœur qui n’en peut plus,
Tout mon être est à la peine,
Je maudis le soir où je t’ai perdue.
Il est temps que je me reprenne,
J'avale une gorgée de plus
Et une autre et une troisième,
Après, je ne les compte plus,
Mais nom de Dieu, que je l’aime
Ce breuvage qui calme et gangrène,
Et dont je bénis les vertus,
D'extase, de pouvoir suprême,
Dont tout mon corps se prostitue,
Qui noie mon âme dans l’oubli,
Me laisse croire que je guéris.
Un autre mal alors fait graine,
Naît, prend vie et grandit,
Monte en moi alors la haine,
L'envie de meurtre, la jalousie,
Et prédit bien d’autres furies,
Puisqu'avec lui tu es partie...
Bob Lakanal.
Mai 2025
Des vertus de l'abandon
Nacre de l'instant ; un plaisir solaire brille sur l'écume des vagues.
Sur le sable de la plage, la mer s'abîme en tonnerre et chuchotements.
Dans le noir oubli, le corps s'éternise en picotements d'étoiles.
Le monde a besoin de vacances, d'absences et de tendresse.
Il a besoin de se poser, de ralentir, de jouir de sa propre présence.
Dansons, sinon nous sommes perdus ! disait Pina Bausch.
Offrons-nous les uns aux autres, offons-nous au monde.
Enivrons-nous d'une danse qui lâche tout et passe par la chute.
Une chute de soi en soi, comme une chute au sol.
Un lâcher prise total, un abandon complet,
Abandon de soi afin de redécouvrir l'autre,
Abandon de soi pour se redécouvrir !
Réflexes d'un équilibre mal connu, les gestes inconscients
Emergeront tels des ressorts peu exprimés, enfouis ou nouveaux.
L'expérimentation naît de l'abandon ; la création s'offre au renaissant.
Arnaud. Mai 2025
Je soupire… Le temps qui passe, le temps qui court…
Ils vont, indifférents, et ne font jamais demi-tour.
Nul ne brise leur course folle, nul ne fige l’instant.
Ils fuient, insatiables, dans le silence pesant du néant.
Je veux l’arrêter… Oui, l’arrêter ce sablier rebelle
Le défier, l’emprisonner au creux de chaque jour
Car je m’accroche à la vie, je la rêve, je la veux éternelle
Mais le temps fugitif me dévore et griffe mon parcours.
J’ai peur… Peur d’avoir vécu sans avoir su le faire,
D’avoir laissé filer mes jours sans vraiment exister.
Ce vertige m’aspire, m’enserre et, loin d’être éphémère,
S’infiltre dans ma chair et diffuse un goût d’inachevé.
Je tends la main… Trop tard ! Dans l’ombre de mes jours
Ils glissent déjà… Seul résonne un écho farceur et silencieux.
Comment, comment les retenir ces instants si précieux,
Quand ils vont, se croisent, rient et s’amusent de nous ?
Je me soumets… Impuissante, je dépose les armes.
Pauvre âme, ne vois-tu pas, noyée dans tes larmes,
Que ce temps qui s’éclipse est un voleur discret
Et que ce temps qui court ne demeure jamais !
Je suis fascinée… Fascinée par ce mystère qui me dépasse,
Par l’évanescence du temps qui, à peine né, meurt déjà,
Par ces fragments d’infini qui s’envolent en silence
Et qui creusent nos rides d’un souffle céleste sans visage.
Suis-je amoureuse ? Mon Dieu, Oui ! Il court, il passe et,
Pourtant, chaque jour, ce temps nous tend un présent,
Celui d’exister, de créer, de vibrer, d’aimer, d’être émerveillé
Celui, tout simplement, de vivre pleinement chaque instant.
Alors oui !
Même si le temps s’efface,
Même si tout passe…
Je reste amoureuse de la Vie et je lui dis Merci !
Claudie "Ombeline". Juillet 2025
Yasashisa
Subtile tendresse
J’ai franchi le Japon tel un songe éveillé,
La tendresse s’y infuse en un souffle léger.
De ce doux voyage au pays du levant,
Je vous livre ce chant au mystère troublant :
Dans ce pays de mythes où fleurit le cerisier
Les temples endormis veillent sur les secrets.
J’y vis d’étranges pierres, issues d’un noir volcan,
Qui, la nuit, gardent la chaleur du jour mourant.
A l’heure où l’ombre glisse, avance le gardien
Portant dans son panier les étranges galets,
Un à un, tendrement, les dépose au divin
Dans les paumes de granit de statues figées.
Le temple s’emplit soudain d’une douce lueur
Les galets palpitants répandent leur chaleur.
Il dit que c’est pour que les dieux n’aient pas le froid
Et que, sans fin, ils versent sur nous tendresse et foi.
Les voyageurs, troublés, s’arrêtent en chemin,
La pierre leur paraît palpiter sous la main,
La douce chaleur vient effleurer leur visage
Révélant en leur cœur la clarté d’un message :
Un geste, une lueur, une infime caresse
Tout s’illumine alors au nom de la Tendresse.
Pareille à la lumière, sa grâce touche l’âme
Et l’ardeur de ses effluves nous enflamme.
Claudie "Ombeline". Septembre 2025
Ode à l'Attente en bourgeon
Sous l’écorce fragile, dans l’ombre des ramures
Une vie en bouton s’éveille, respire et murmure.
La sève circule et gonfle patiemment ;
Le bourgeon, encore clos, abrite un feu naissant.
Dans l’attente d’une apothéose printanière,
Dans l’attente infinie où se tait le mystère,
Il retarde son sort, résiste aux vents légers,
Fuit l’éclat du soleil, nourrit son doux secret.
Le fol espoir d’éclore un jour le tenaille,
Chaque jour davantage, en silence, il travaille.
Patient mais obstiné, refermé sur son or,
Il se défend encore de livrer son trésor.
Chaque aube lentement déploie sa douce ardeur,
La sève, encor’ et encor’, dispense sa vigueur ;
Rien ne dort tout à fait sous l’ombre du destin,
Demain, l’attente prometteuse prendra fin.
Alors, tout resplendit, la sève devient fleur,
L’attente féconde se transforme en bonheur,
La rose poudrée diffuse ses suaves senteurs
Dans l’éblouissement d’une aurorale lueur.
L’attente est un jardin qu’arrose la patience.
L’attente est un jardin où fleurit l’espérance,
Un jardin où sommeille le secret des plaisirs
Qui mûrissent en silence avant de nous ravir.
Claudie « Ombeline ». Octobre 2025
Recueille un peu de ciel
A poser sur la toile,
Du vent au goût de miel
Pour chanter ta chanson,
Une pierre dodue
Pour inspirer ta patte,
Un beau fruit défendu…
Et rêve l’irraison !
Mars 2024
CF